Les cyclistes urbains de Molsheim

Double-sens cyclable - WissembourgL'association MVPV réagis à l’article du Molshémien n°79  "vivre ensemble –  Circulation à vélo – Respecter le Code de la route":
Double-sens cyclable – Wissembourg Nous avons été surpris de constater qu’au XXIième siècle en pleine COP 21 à Paris, la mairie stigmatise la pratique du vélo utilitaire dans les rues de Molsheim.
Nous pensions que c'est un des leviers pour atteindre les objectifs de limiter le réchauffement climatique et par la même une bonne manière de respecter le cadre gouvernemental de la transition climatique. Mosheim en retirerait des bénéfices sur le plan des pollutions aux particules fines, sur le plan des nuisances sonores et même sur le plan des coûts de l’entretien de la voirie.
Dans la cité Bugatti, il ne semble pas bon de faire de l’ombre à l’automobile. Pourtant dans nombre de villes du monde et notamment aux Etats-Unis pourtant si accrochés à son « way of life » non négociable (voir la ville de Minéapolis, …) les responsables ont compris que le développement du vélo urbain est un atout, pas une contrainte. Restons en Alsace en citant Wissembourg, de taille comparable à notre commune, à qui le vélo urbain semble réussir.

Les lois françaises vont dans le bon sens pour essayer de rééquilibrer la cohabitation sur la route. C’est d’ailleurs ce que précise l’article en citant la date butoir du 1er juillet 2010 de la loi qui généralise le double sens cyclable dans les zones 30 et zones de rencontre. Loi votée, faut-il le préciser, au cours du mandat de M. Fillon connu pourtant pour son goût des courses automobiles. Sauf qu’à Molsheim pour éviter de l’appliquer, on a tout simplement supprimé les zones 30 du centre en ville, un beau matin, avant cette date fatidique du 1er juillet, Molsheim reprenait de la célérité en repassant de 30km/h à 50 km/h. Alors forcément, on fabrique des hors-la-loi à vélo. La chasse aux sorcières nous semblait une tradition révolue de l’histoire molshémienne.

Au quotidien, le cycliste, pour se rendre à la gare pour son travail ou pour faire ses courses, devrait dépenser sans compter son énergie renouvelable sans prendre de raccourcis ou bien finalement s’installer dans son quatre roues motorisé en se disant « rien à faire de ce liquide précieux qui a mis des millions d’années à se constituer».
Ou bien avons-nous mal compris le message que voulait faire passer cet article ? Peut-être est-ce pour informer les automobilistes de mettre la pédale douce car ils peuvent se trouver nez à nez face à un dangereux 2 roues non motorisé. Ou encore faire évoluer le rapport entre le lobby minoritaire de l’automobile face au puissant lobby cycliste auquel nous participons au travers de cette réaction.
La voiture a eu tous les droits au fil du XXéme siècle, elle doit apprendre à partager.

 

Notre développement technique argumentaire en faveur du contre sens cyclacle

Les réalités juridiques :
L'état français sous la présidence de Nicolas Sarkozy a légiféré en 2008 sur la généralisation des double-sens cyclables dans les zones 30. L'article 13 du Décret 2008-75 stipule la mise en conformité des zones 30 existantes jusqu'en juillet 2010.
Cela signifie que l'autorisation de la circulation des cyclistes dans les deux sens devient la règle dans les rues à sens unique situées dans les zones 30

La réalité dans les villes et villages en France
De très nombreuses villes ont adopté les double-sens cyclable même avant cette loi. Dans des villes comme Strasbourg ou Illkirch-Graffenstaden il existe des double-sens cyclables depuis des décennies. On a observé que ces aménagements ne sont pas seulement utiles et peu coûteux, mais qu'ils ne sont pas plus dangereux que d'autres, au contraire.
 

La réalité à Molsheim

  1. A Molsheim existait une réseau de zones 30 sur la grande majorité de la voirie secondaire, y compris dans l'ensemble du cente-ville

  2. En réaction à la loi qui généralise les double-sens dans les zones 30, la ville de Molsheim démantèle les zones 30 en 2010 en démontant les panneaux réglementaires des zones 30 sans information préalable de la population, afin de contourner l'obligation de créer des double-sens cyclables

  3. La Mairie a créée par la suite de tronçons très réduits de zones 30 aux abords immédiats des écoles.

  4. Un seul double-sens cyclable a été créé dans la rue de la Fonderie.

Les conséquences de la suppression des zones 30 et du refus de double-sens cyclables à Molsheim :

  1. Le cycliste qui se déplace à vélo dans les quartiers avec de nombreux sens uniques, et particulièrement au centre-ville de Molsheim a 4 choix :

    1. Rouler à contre-sens sur la chaussée

    2. Rouler sur le trottoir (s'il y en a un)

    3. Faire un détour parfois monstrueux (en centre-ville de 500 m pour un tronçon de 50 m)

    4. Ne pas faire du vélo ou pousser son vélo

En résumé, si le cycliste veut circuler dans ces zones, il est pratiquement obligé de ne pas respecter le code de la route. L'alternative est de ne pas utiliser son vélo ou de l'utiliser d'une manière complètement inefficace.

Le résultat est que beaucoup de cyclistes circulent sur les trottoirs, ce qui crée des gênes et dangers pour les piétons; par ailleurs le code de la route interdit cette pratique (sauf pour les enfants jusqu'à 8 ans).

Les cyclistes au quotidien continuent à emprunter les contre-sens, comme ils le font naturellement dans d'autres villes. Ces cyclistes ne font rien d'autre que d'appliquer l'esprit du décret de 2008.

Par ailleurs les nombreux cyclotouristes traversant notre ville en belle saison ne se soucient pas non plus des sens-uniques, puisqu'ils pensent automatiquement que ce soit autorisé comme c'est le cas dans la plupart des autres communes qu'ils traversent.

 

Le danger supposé des cyclistes qui empruntent les contre-sens

La vitesse des voitures est le premier facteur d'insécurité pour le cyclistes.

A Molsheim, l'insécurité du cycliste (et du piéton) a été accrue par le démantèlement des zones 30 existantes, sachant que même de nombreuses ruelles étroites sans trottoirs la circulation autorisée est de 50 km/h. Par conséquent au lieu de sécuriser les pratiques, la ville a décidé d'augmenter le risque pour les cyclistes.

Quant au danger supposé des double-sens, il est utile de consulter les études qui existent à ce sujet (cf. les différentes publications de la CEREMA ainsi qu'une étude à grande échelle réalisée par la CUS en 2007).

Par ailleurs différents exemples montrent qu'il est possible de réaliser des double-sens cyclables dans les centre-villes de la taille de Molsheim. Par exemple la ville de Wissembourg, plaque tournante pour le cyclotourisme en Alsace du Nord a mis en place les double-sens cyclable dans le centre historique y compris dans des rues plus étroites que celles de Molsheim.

Il est évident que l'état français n'aurait pas légiféré sur la généralisation des double-sens cyclables s'il n'avait pas le recul nécessaire quant aux risques supposés de ceux-ci.

Conclusion

A Molsheim, le problème n'est pas le cycliste qui ne respecte pas le code de la route, mais la commune qui n'applique toujours pas le décret cité ci-avant, promulgué par le gouvernement Fillon en 2008.

En somme, la suppression des zones 30 et le refus de double-sens sont une discrimination des cyclistes au niveau local à un moment ou l'état français, mais aussi les départements et régions encouragent à la pratique du vélo en tant que mode de déplacement urbain économique, écologique et efficace.

 

 

1 réponse

  1. Luma dit :

    Je partage …Trés bon article .

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